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Lancement du processus en Afrique de l’Ouest

Comment analyser la préparation du riz Jollof ? Ce plat typique d’Afrique de l’Ouest a provoqué beaucoup d’émotions lors du premier atelier de capitalisation d’expériences organisé à Accra, au Ghana.

Entre le 27 et le 30 mars 2017, quelque 35 participants du Ghana, de Sierra Leone et du Nigeria ont participé à un atelier de quatre jours, organisé par le CTA, afin d’apprendre et d’échanger sur la capitalisation d’expériences. Ce premier atelier a été complété par une seconde réunion, en juin, lors de laquelle la plupart des participants se sont retrouvés.

Atelier CE_Accra Ghana 2017

Nous avons utilisé le module d’apprentissage IMark sur ce thème pour travailler sur des cas concrets afin de faire découvrir aux participants l’approche de capitalisation d’expériences. Le groupe de participants était très hétéroclite, et se composait d’hommes et de femmes travaillant dans des petites entreprises sociales, des ONG locales et internationales, des instituts de recherche et des organisations internationales, comme le PNUD. Ensemble, les participants représentaient donc un large éventail d’initiatives de développement – et comme l’a fait remarquer un participant, presque tous les objectifs de développement durable étaient « représentés » – des TIC pour les petits exploitants à l’enseignement supérieur. Et bien sûr la préparation du riz Jollof !

En matière de capitalisation d’expériences, rien ne vaut… l’expérience. En groupe ou individuellement, les participants ont fait leur apprentissage et tiré des enseignements à partir d’un cas concret (pour en savoir plus sur les étapes de ce processus, consultez les étapes de la capitalisation d’expériences). Cependant, comme pour de nombreux autres processus du projet « Capitaliser les expériences pour un plus grand impact sur le développement rural », le premier atelier en face à face organisé dans le cadre du cluster de l’Afrique de l’Ouest anglophone n’a été qu’un point de départ. Après l’atelier, les participants sont rentrés chez eux et ont retrouvé leurs collègues pour poursuivre, en équipe, le travail sur ce processus. Car la capitalisation de l’expérience est en fin de compte un processus participatif.

Un second atelier
Les participants se sont réunis une nouvelle fois et ont examiné la nécessité de diffuser les résultats de l’exercice de capitalisation auprès d’une plus large audience, ce qui nécessite la préparation d’une stratégie de communication. Cela suppose de commencer par identifier le groupe cible, de faire une distinction entre les différents groupes susceptibles d’être atteints et de se concentrer sur leurs caractéristiques spécifiques (en particulier leurs connaissances, attitudes et pratiques). L’étape suivante est d’examiner les produits possibles, en sachant que les produits écrits ne sont pas la seule option, et d’examiner ensuite les canaux susceptibles d’être utilisés.

La seconde journée a été consacrée à la rédaction, et donc à l’examen de quelques principes (par ex. les textes doivent être lisibles, concis, attrayants et rigoureux) et à l’identification de la meilleure approche à suivre : préparer la réflexion, faire un premier jet, utiliser la technique de « l’écriture libre », etc. Les participants ont fait part des difficultés qu’ils avaient rencontrées et nous leur avons rappelé quelques trucs et astuces généralement donnés (éviter le jargon, utiliser des phrases brèves) et la nécessité (i) d’inclure des dates pour toutes les activités et des chiffres (données) attestant de résultats, (ii) d’ajouter des citations pour montrer l’opinion des personnes concernées, (iii) d’ajouter une petite étude de cas sur base ce qu’illustre une photo, et (iv) de montrer le caractère unique de l’expérience tout au long du texte.

Adoption et institutionnalisation
Nous avions prévu de laisser « décanter » tous les documents (un des conseils fréquemment donnés à ceux qui rédigent) et nous avons donc commencé la troisième journée en examinant le processus d’adoption et la nécessité d’encourager l’utilisation des résultats de chaque processus de capitalisation. Si l’on se réfère aux définitions initiales, un processus de capitalisation d’expériences n’a pas pour objectif d’identifier de bonnes pratiques ni de simplement publier un document. Une fois que les principaux enseignements ont été partagés, l’objectif est de faire en sorte qu’ils soient utilisés, et qu’ils aient ainsi un plus grand impact. Il faut cependant savoir que l’adoption n’est pas quelque chose d’automatique ou de systématique. Désireux de nous concentrer sur la meilleure façon d’encourager l’adoption, nous nous sommes penchés sur les innovations proprement dites (les idées dont nous souhaitons l’adoption), les conditions qu’elles doivent remplir pour être adoptées (compatibilité, acceptabilité sociale par exemple) ainsi que sur les facteurs internes et externes en jeu. Nous avons également réfléchi à la nécessité d’envisager l’adaptation et la diffusion (mise à échelle).

Nous avons ensuite discuté de la nécessité d’institutionnaliser l’approche, qui est l’objectif premier du projet. Sur base des idées présentées par l’ensemble des participants au cours des premières journées, ainsi que des mesures déjà prises pour institutionnaliser l’approche, nous avons examiné la « dernière étape » : que se passe-t-il lorsqu’une approche est institutionnalisée ? Nous avons ensuite évoqué quelques-unes des grandes conditions requises, par exemple les ressources, les participants ou une attitude critique, en les comparant aux conditions généralement nécessaires au lancement et à la mise en œuvre d’un processus de capitalisation. Selon la technique du « World Café », les participants ont ensuite discuté de la nécessité de disposer de procédures et de méthodes, d’avoir des rôles et des responsabilités bien définis ou de lancer un programme de formation – et tous ont mis en avant les étapes nécessaires pour y arriver.

© 2016, CTA. Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation

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