Mettre en pratique ce que l’on prêche… Mais que prêcher? Et comment le mettre en pratique?

Marc Lepage

Ma mission est de m’assurer que nous apprenons de ce que nous connaissons déjà. Cela semble facile, mais ce n’est pas aussi évident qu’on pourrait le croire.

Je veux que la capitalisation d’expériences devienne partie intégrante des programmes du PNUD et, à terme, du travail de chacun de nous. Cependant, la gestion des connaissances ne reçoit bien souvent pas l’attention qu’elle mérite. Dans la pratique, cela veut dire que je dois plaider en faveur de l’intégration d’activités de gestion des connaissances comme la capitalisation d’expériences dans les plans de travail, mais aussi organiser des ateliers pour former les personnes chargées de la mise en œuvre à différents niveaux au sein de l’organisation. C’est là que mon expérience en tant que facilitateur intervient.

Présentation du modèle de gestion des connaissances, atelier en Ouganda. Crédits photos : Joelle Seme-Park (PNUD Ouganda)

Apprendre en cours de route

En octobre 2016, j’ai facilité un atelier sur la gestion des connaissances (organisé par le PNUD) en Afrique de l’Est, auquel j’avais convaincu des acteurs de terrain de participer. Il est important que les membres des communautés, c’est-à-dire les véritables détenteurs des connaissances sur le développement au sein des communautés locales, soient également formés à la gestion des connaissances. J’ai utilisé le Knowledge Sharing Canvas, « une boîte à outil pour aider les passionnés des connaissances à réussir ». Cette approche s’est révélée un peu trop théorique et abstraite et, après un certain temps, mes participants ne se sentaient plus l’âme de « passionnés des connaissances ». Les messages clés « se perdaient dans la traduction », non seulement à cause de la langue utilisée, mais aussi parce que les concepts abordés n’éveillaient aucun écho dans le travail quotidien des participants. Nous avons perdu trop de temps à expliquer les raisons de leur participation, à démystifier les concepts et à convaincre les participants de l’intérêt des méthodes de partage des connaissances.

Passons à la pratique

Après cet atelier en Afrique de l’Est, j’ai participé à un atelier de quatre jours sur la capitalisation d’expériences organisé par le CTA au Ghana (voir aussi le blog du PNUD). Ces concepts n’avaient rien de neuf pour moi, mais cet atelier avait une orientation pratique, qui consistait à essayer de créer un « outil de connaissance » facile à partager, comme une histoire. Après mon expérience en Afrique de l’Est, l’intérêt de cette approche m’a frappé et j’avais hâte de la tester dans mon prochain atelier.

La capitalisation d’expériences en mode accéléré

Mon atelier suivant était un atelier organisé par le PNUD à Kampala, en Ouganda, en avril 2017. Je devais passer deux jours avec des participants provenant de ministères, de services d’administrations locales et d’organismes de développement qui travaillent sur le projet du PNUD intitulé « Inclusive and Sustainable New Communities ». Au lieu de m’empêtrer dans des concepts ou de faire l’apologie de la gestion des connaissances, j’ai brièvement présenté et expliqué les concepts, puis nous sommes tout de suite passés à la planification de la création d’un outil de connaissance. À la fin de cet atelier pratique, nous avions réalisé 15 excellents canevas d’histoire, allant de la production d’électricité via un micro-barrage à la collaboration avec des dirigeants locaux chargés de gérer la crise des réfugiés. En outre, tous les participants étaient très enthousiastes, motivés et prêts à mener à bien leurs plans. Affaire à suivre, l’atelier de suivi n’a pas encore eu lieu !

Un « atelier pratique » est une technique efficace pour obtenir des plans solides, prêts à être mis en pratique. Crédits photos : Marc Lepage

Que retenir ?

Quand on analyse ces deux différents ateliers, plusieurs constatations s’imposent d’emblée.

Tout d’abord, il est essentiel de connaître votre public. Dans le premier atelier, je m’adressais à des membres de communautés locales. À l’inverse, dans le second atelier en Ouganda, les participants étaient plus habitués à penser de façon conceptuelle grâce à leur parcours professionnel et il était donc plus facile de les convaincre de l’intérêt du partage de connaissances.

On constate également qu’un « atelier pratique » est une technique efficace pour obtenir des plans solides, prêts à être mis en pratique.

Étant donné que tous les groupes de participants sont différents, il est toujours nécessaire d’imaginer des programmes sur mesure. Il n’existe pas de recette unique. Certaines des variables auxquelles je pense sont notamment le temps dont on dispose, le rythme du programme, l’équilibre entre la théorie et la pratique, ainsi que le degré d’accompagnement que vous offrez aux participants. Il n’existe pas d’atelier parfait à faciliter, mais ces expériences récentes m’ont certainement aidé à obtenir de meilleurs résultats en matière de gestion des connaissances et de capitalisation d’expériences.

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