La collecte d’informations – travail d’équipe et flexibilité

Hari Sharma Neupane

Mon collègue Krishna Prasad Paudel et moi-même avons participé à la formation sur la capitalisation d’expériences organisée par le CTA à Goa.

Je travaille comme consultant en entrepreneuriat local et en développement institutionnel dans le cadre du Programme de fourniture de semences améliorées aux agriculteurs (Improved Seeds for Farmers Programme ou KUBK-ISFP) financé par le FIDA au Népal. Krishna travaille comme responsable du suivi et de l’évaluation et de la gestion des connaissances. En août 2017, un deuxième atelier permettra de faire le suivi du premier. Nous participons à ces ateliers afin de nous informer sur les nouvelles méthodologies pour documenter nos expériences et en tirer des enseignements. Cela pourrait bien faire évoluer la façon dont nous établissons des rapports sur nos programmes.

Cérémonie de transfert de la SFACL, Chaurjhari, district de Rukum au Népal. Crédits photo: M. Rajendra Prasain et M. Nir Bahadur Adhikari

Je suis arrivé à cet atelier en ayant une connaissance de base très limitée du processus de capitalisation d’expériences, de sorte que la plupart des étapes de ce processus m’étaient inconnues. Nous avons appris à comprendre les concepts et nous avons commencé à définir notre propre expérience sur laquelle nous voulions capitaliser, via la documentation et le partage.

Cibler notre travail

L’expansion des services de financements ruraux est l’une des principales interventions dans les zones rurales de notre programme. Cette intervention prend la forme d’une approche coopérative pour garantir la diffusion des financements ruraux pour les exploitations d’élevage et de production de semences. Nous avons créé plusieurs coopératives basées sur un modèle intitulé « Small Farmers Agriculture Cooperative Limited » (SFACL). L’équipe du programme – y compris Krishna et moi-même – a décidé de se concentrer sur les expériences des femmes dans le cadre de cette approche coopérative de l’expansion de la microfinance. Le modèle SFACL comprend des activités de sensibilisation et de renforcement des capacités au sein des communautés identifiées dans le programme. Nous collaborons avec la Small Farmer Development Bank et la Nepal Agriculture Cooperative Central Federation Limited (NACCFL). Nous avons choisi cette expérience parce que nous avions obtenu de bons résultats en travaillant avec des femmes rurales dans le cadre du programme KUBK-ISFP. Notre approche pourrait être reproduite dans d’autres régions. Et nous avions également le sentiment de disposer d’informations largement suffisantes pour alimenter un processus de capitalisation d’expériences pour ce projet, car il existe une banque de données exhaustive sur toutes les activités mises en place jusqu’à présent. Cependant, face à l’ampleur de ces informations potentiellement utiles, une question s’est posée : par où commencer et comment sélectionner les informations les plus pertinentes ?

J’ai commencé par établir une distinction entre les informations primaires et les informations secondaires à collecter. Les informations primaires sont celles que nous devons collecter nous-mêmes, tandis que les informations secondaires peuvent être obtenues en consultant des bases de données et des rapports existants. Nous prévoyons d’avoir recours à différentes méthodes complémentaires pour collecter les informations primaires, comme des groupes de discussion, des entretiens avec les informateurs clés, des questionnaires et des observations sur le terrain. La collecte des informations secondaires est plus simple et peut se faire sans quitter notre bureau. J’ai par exemple demandé à nos partenaires – la Small Farmers Development Bank (SFDB) et la Nepal Agriculture Cooperative Central Federation Limited (NACCFL) – de nous envoyer leurs rapports annuels et, si possible, des informations provenant de leurs bases de données. Je ne m’attends pas à rencontrer de difficultés particulières dans cette démarche, puisque nous entretenons déjà de bonnes relations avec ces partenaires.

Puisque j’assure la fonction de facilitateur principal pour ce processus, j’ai élaboré un plan pour organiser la collecte d’informations dans le temps. En juillet, nous disposerons de deux semaines pendant lesquelles j’espère pouvoir recueillir la plupart des données.

Un travail d’équipe

Krishna et moi-même ne pouvons pas collecter toutes les informations primaires seuls. C’est là qu’interviennent les autres agents du projet et formateurs sur le terrain. Nous allons travailler en équipe.

Culture de légumes financée par Bijaya Nagar Women SFACL, district de Pyuthan au Népal. Crédits photo: M. Rajendra Prasain et M. Nir Bahadur Adhikari

Nous avions déjà expliqué la nature du processus de capitalisation d’expériences à l’équipe de gestion du programme. Cependant, si les formateurs et le personnel de terrain du programme en savent déjà beaucoup sur le programme et ont de nombreuses relations sur le terrain, ils ne sont pas encore familiarisés avec le concept de capitalisation d’expériences. Il est vital de s’assurer que tous les agents de terrain, y compris les formateurs, comprennent pourquoi nous mettons en œuvre ce processus de capitalisation d’expériences et qu’ils se sentent à l’aise avec cette démarche. Pour ce faire, nous prévoyons d’organiser une réunion de trois heures avec tous les agents du projet et les formateurs de terrain pour leur présenter ce processus, ses objectifs et les tâches qu’ils devront accomplir. Il s’agit d’une étape importante pour s’assurer que nous collecterons tous des informations utiles. Si les agents de terrain comprennent le processus, ils seront davantage en mesure d’expliquer aux autres parties prenantes du programme, comme les agriculteurs membres des nouvelles coopératives SFACL, pourquoi nous leur posons plus de questions. Et nous espérons que toutes les parties prenantes comprendront qu’elles peuvent également tirer parti de ce processus.

Il ne suffit pas de comprendre le concept et l’intérêt de la capitalisation d’expériences pour parvenir à ce que tous les acteurs puissent partager leurs avis et leurs expériences. Nous devons aussi créer un environnement favorable. En d’autres termes, nous devons établir un climat de confiance. Voilà pourquoi nous collaborons avec les agents de terrain, qui connaissent les agriculteurs, pour collecter les informations, et non avec des opérateurs extérieurs. En plus d’instaurer cet environnement favorable, nous essayons aussi de faire participer tout le monde. Cela explique pourquoi nous voulons utiliser les différentes méthodes de collecte d’informations mentionnées ci-dessus. En ce moment, je travaille à la finalisation des questions pour les enquêtes auprès des ménages et des check-lists que nous utiliserons pour les entretiens avec les informateurs clés et les groupes de discussion.

Flexibilité

Jusqu’à présent, je n’ai pas encore changé d’avis sur la façon dont nous prévoyons de collecter les informations nécessaires. Toutefois, nous n’avons pas encore commencé à utiliser les questionnaires sur le terrain. Il faudra peut-être adapter les questions si elles s’avèrent difficiles à comprendre. Il faudra peut-être aussi modifier le calendrier si nous rencontrons des obstacles pratiques sur le terrain, comme des routes impraticables. La flexibilité est le secret pour mettre en œuvre votre plan ! En août, nous participerons à notre deuxième atelier sur la capitalisation d’expériences. D’ici-là, nous devrions avoir collecté et organisé toutes les informations nécessaires et être prêts à passer à la phase d’analyse et d’écriture du processus. Ce qu’il y a de bien, c’est que nous aurons la possibilité de mettre en pratique les enseignements tirés de la capitalisation d’expériences, puisque le projet se poursuit jusqu’en 2019.

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