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La FAO met l'accent sur la résilience

Maud Oustry

En août dernier, la FAO a organisé un atelier sur la «Capitalisation d’expériences et de bonnes pratiques de résilience» au Burkina Faso, qui a rassemblé plus de trente participants du gouvernement, des ONG, des agences des Nations Unies et de plusieurs unions d’agriculteurs et d’éleveurs. Cet atelier visait à renforcer leurs capacités pour capitaliser et partager les bonnes pratiques de résilience, en utilisant la méthodologie de capitalisation d’expériences.

Cet atelier de deux jours et demi a été entièrement conçu selon le cycle de capitalisation d’expériences, afin que les participants puissent initier leur propre projet de capitalisation étape par étape. La facilitation étant un élément clef de réussite, de nombreuses techniques de facilitation ont été utilisées lors de cet atelier, pour que les participants puissent les adopter et les réutiliser lors de leur processus de capitalisation.

Les participants ont essayé d’analyser et d’expliquer comment et pourquoi toutes les activités sont réussies.

Jour 1: Créer une bonne ambiance, introduire les bases et préparer le projet de capitalisation

Il est crucial d’initier l’atelier avec une activité réunissant tous les participants pour qu’ils se sentent à l’aise et libres de partager leurs expériences et leurs points de vue les uns avec les autres. Pour remplacer le traditionnel tour de table de présentations, les facilitateurs ont décidé ici de briser la glace avec un jeu dynamique et participatif, le « Bingo ». Investir un peu plus de temps au début de l’atelier vaut la peine, car cela instaure un climat de confiance pour tout le reste de l’atelier!

Entrant dans le vif du sujet, les participants ont découvert ce que l’on entend par capitalisation d’expériences et ils ont argumenté sur son importance en se prêtant à un jeu de rôle. Ensuite, les participants ont initié la première phase du processus de capitalisation d’expériences: La préparation. En répondant à des questions clés – Quelle est la bonne pratique sur laquelle vous allez vous concentrer? Pourquoi voulez-vous capitaliser cette pratique? Pour qui? Avec qui? Et quand? – les participants ont cadré leur projet de capitalisation. Puis, ils ont planifié comment ils allaient procéder en précisant les actions à prendre, qui serait en charge, avec quel calendrier et quel budget éventuel.

Jour 2: Mettre en œuvre son projet de capitalisation en 4 étapes

Le deuxième jour, les participants ont été répartis en petits groupes de travail selon les thématiques de résilience suivantes: 1) l’adaptation au changement climatique; 2) la préservation et la valorisation des ressources naturelles; 3) le petit élevage et le pastoralisme; et 4) la sécurité alimentaire et la nutrition. Au sein de chaque groupe de travail, les porteurs d’expérience ont présenté la bonne pratique de résilience qu’ils avaient identifiée pour leur projet de capitalisation. Les bonnes pratiques choisies étaient par exemple : l’appui des ménages vulnérables avec le petit élevage, l’approche champ école agro-pastoral, la restauration de terres dégradées avec l’ensemencement d’espèces ligneuses et herbacées, et bien d’autres encore.

Première étape: Collecter et organiser. Lors de la capitalisation d’une bonne pratique, il est important de collecter toutes les informations nécessaires pour la documenter (ex. : contexte, objectif, parties prenantes, approche méthodologique, résultats, facteurs de réussite, contraintes, etc.). Au cours de cette deuxième journée, les participants se sont servis du canevas des bonnes pratiques de résilience comme d’une liste de contrôle pour vérifier les informations déjà en leur disposition et les données manquantes à collecter une fois de retour au bureau.

Plus de trente participants du gouvernement, des ONG, des agences des Nations Unies et de plusieurs unions d’agriculteurs et d’éleveurs.

Deuxième étape: Analyser. Ensuite, en utilisant des méthodes participatives telles que l’analyse FFOM ou SEPO et la rétrovision, les participants n’ont pas seulement décrit les bons résultats de leur pratique, mais ils ont analysé et expliqué comment et pourquoi les activités ont réussi. L’analyse de la pratique est une étape cruciale car elle aide les autres à identifier les facteurs clés de succès et à comprendre comment répliquer la pratique dans leur propre contexte.

Troisième étape: Documenter. Avant de commencer la documentation de leur bonne pratique, les participants ont été invités à réfléchir au message qu’ils souhaitaient communiquer et au public ciblé, afin de définir le produit de communication (p. Ex. Fiche de bonne pratique, courte vidéo, programme radio, etc.) et le canal de diffusion (p. ex. radio, médias sociaux, foire de partage, etc.) les plus appropriés. En se basant sur l’analyse précédente, et en interviewant plus précisément les porteurs d’expériences, les participants ont initié l’écriture des bonnes pratiques en petits groupes et ont complété progressivement les différentes catégories du canevas.

Quatrième étape: Partager. Afin de partager la première version de leur document et de bénéficier de commentaires, les porteurs d’expérience ont été invités à le présenter de vive voix face à leur public cible (donateurs, agriculteurs, techniciens, etc.), incarné tour à tour par les participants. C’était un véritable défi car ils n’avaient que quelques minutes pour convaincre leur audience de l’importance de leur bonne pratique et des raisons pour lesquelles elle devrait être adoptée par un plus grand nombre.

Jour 3 (matinée): Générer des changements et intégrer le processus

Lors du troisième jour les participants ont été amenés à réfléchir à la manière dont les bonnes pratiques pourraient être adaptées et adoptées par d’autres. Pour cela, les porteurs d’expérience ont été invités à rester assis, pendant que les autres participants pouvaient venir à leur table et leur poser des questions spécifiques sur comment adapter et répliquer la pratique dans leur propre contexte.

Après avoir parcouru les différentes étapes de la capitalisation d’expériences, les participants ont réfléchi en groupe sur la façon d’institutionnaliser ce processus dans leurs organisations. En utilisant la technique du carrousel, les participants répartis en petits groupes ont listé les conditions favorables à l’institutionnalisation ainsi que les obstacles à surmonter.

Grâce à cet atelier, les participants ont acquis la méthodologie de capitalisation d’expériences étape par étape. L’apprentissage par l’action étant souvent le plus efficace, les participants ont initié leur propre projet de capitalisation d’expériences tout en apprenant. En fin d’atelier, les participants ont planifié les prochaines étapes afin de finaliser la documentation et le partage de leurs bonnes pratiques de résilience. La FAO continuera à appuyer les participants dans ces prochaines étapes, conformément à la planification.

 

Pour plus d’information
Outil pratique: Comment capitaliser et partager les bonnes pratiques pour générer le changement?
Renforcement des capacités en action: Améliorer la résilience des populations grâce à la capitalisation et au partage des bonnes pratiques au Burkina Faso
Cours en ligne: Capitalisation d’expériences pour un apprentissage continu

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