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CapExp en Inde, au Népal, et au Bhoutan

Un premier atelier de formation a eu lieu à Goa, en Inde, du 10 au 13 avril 2017. Il a réuni des participants du Népal, du Bhoutan, d’Indonésie ainsi que de différents États indiens. Il a été suivi d’un second atelier, à Pondichéry, lancé le 11 septembre et organisé conjointement avec la M.S. Swaminathan Research Foundation, à Chiennai.

L’exercice de cartographie réalisé en 2016 dans le cadre du projet « Capitalisation d’expériences pour un plus grand impact sur le développement rural » a montré que de nombreux projets et de nombreuses organisations, principalement en Inde, et d’une manière générale en Asie, souhaitaient y participer. Le CTA ne concentre généralement pas ses activités sur cette partie du monde, mais le projet tenait à y travailler.

Pendant ces quatre journées, les participants ont considérablement amélioré leurs études de cas et sept d’entre eux ont pu la finaliser.

Un processus d’apprentissage
Succinctement, l’objectif principal était de démarrer un exercice de capitalisation d’expériences avec tous les participants et de tirer des enseignements spécifiques sur ce processus, afin d’orienter le contenu des ateliers futurs. La première réunion a suivi le modèle testé ailleurs : elle a duré quatre jours et a suivi une approche d’« apprentissage par la pratique ». Les participants ont donc été invités à démarrer un processus de capitalisation d’expériences et non pas seulement à discuter des concepts, des principes et de la méthodologie à suivre.

Même si cet atelier s’est déroulé selon un modèle déjà utilisé, les facilitateurs y ont ajouté quelques éléments au niveau du contenu et du déroulement. Nous avons pu ainsi constater, par exemple, qu’il peut être très utile de demander aux participants d’échanger des informations avant le début de l’atelier. À leur arrivée à Goa pour la réunion, tous savaient déjà qui serait présent. Ils avaient déjà échangé sur leur travail et discuté du programme et des activités qui seraient organisées. Il s’est également révélé positif de commencer la plupart des sessions par une présentation succincte assurée par quelques participants qui ont ici utilisé leur propre expérience pour présenter un sujet et identifier des thèmes clés pour les discussions. Les facilitateurs ont également trouvé que c’était une bonne pratique d’organiser une petite évaluation à la fin de chaque journée, et d’inviter quelques participants à faire un bref récapitulatif au début de la deuxième, de la troisième et de la quatrième journée. Ces résumés nous ont permis de nous faire une idée des points bien compris et de ceux sur lesquels il fallait revenir.

En ce qui concerne le processus proprement dit, une des conclusions générales est qu’il convient d’accorder davantage d’attention aux « limites » et à la sélection de chaque cas. Les participants ont bien compris que leurs descriptions devaient porter sur les réalisations et les résultats observés pour chaque cas, ainsi que sur les principaux défis et difficultés, mais ils ont déploré à plusieurs reprises le fait qu’ils n’avaient eu que très peu de temps pour examiner les détails, par exemple les dates des différentes activités ou le nombre de personnes impliquées. Ils ont aussi évoqué quelques difficultés en ce qui concerne l’analyse : certains des mots utilisés, comme « aspects positifs », n’étaient pas suffisamment clairs. Nous avons donc dû modifier et expliquer de manière détaillée les termes utilisés dans les templates que les participants devaient compléter pour la description de leur cas. Enfin, ils ont également souligné que le partage des principaux enseignements, avant même la description d’un cas, a du sens puisque cela les a aidés à se faire dès le début une idée plus précise du processus.

Un second atelier
Quelques mois plus tard, les participants (pas tous, malheureusement !) se sont réunis à nouveau, cette fois-ci à Pondichéry. Ce deuxième atelier avait pour objectif d’affiner et de finaliser les études de cas qu’ils étaient en train de préparer et d’explorer des pistes pour institutionnaliser l’approche au sein de leurs organisations respectives. L’atelier avait donc été conçu de façon à ce que les participants aient du temps pour travailler à leurs études de cas, en mettant à profit les remarques des personnes-ressources et de leurs pairs, qu’ils puissent les présenter succinctement aux différentes audiences, et qu’ils puissent développer un plan de base pour l’institutionnalisation de l’approche.

 

Les phases de « partage et d’apprentissage » ont été jugées tout aussi intéressantes.

Pendant ces quatre journées, les participants ont considérablement amélioré leurs études de cas et sept d’entre eux ont pu la finaliser. Un débat approfondi sur l’institutionnalisation a également eu lieu. Certains avaient déjà quelques idées avant de participer à l’atelier et ils ont pu les affiner lors des sessions. Ils ont ainsi préparé des plans d’institutionnalisation bien pensés et pratiques et les ont présentés aux autres participants. Plusieurs participants recherchent à présent le soutien nécessaire pour pouvoir poursuive ce processus d’institutionnalisation, soutien le plus souvent sous la forme d’une facilitation ou d’un accompagnement spécialisé (et faisant le lien avec la phase initiale) même s’ils ont trouvé des fonds en interne pour financer toutes les activités connexes.

Les phases de « partage et d’apprentissage » ont été jugées tout aussi intéressantes. Une des participantes s’est dite agréablement surprise d’entendre que son outil géospatial d’assistance localisée avait convaincu l’un des participants. Ce dernier a expliqué qu’il avait par ailleurs formé du personnel dans le cadre de son projet financé par la Banque Mondiale pour qu’il soit en mesure de l’utiliser. Cet outil permettra d’identifier des sites pour l’ouverture de marchés de gros pour les produits agricoles. Plusieurs autres participants ont trouvé cette expérience intéressante et ont demandé des conseils à cette participante. Un autre cas décrit et analysé a suscité beaucoup d’intérêt : il concernait l’utilisation d’applications mobiles dans les projets de développement. Les participants y ont vu une formidable occasion d’apprentissage, à exploiter dans leurs propres projets. L’atelier a donc été l’occasion de discuter de manière approfondie des pistes permettant d’améliorer ce partage et ces apprentissages : comment promouvoir l’utilisation des enseignements émergeant des études de cas ? Les participants ont eu l’occasion d’échanger leurs idées en plénière et d’examiner quelques études de cas en petits groupes. Ces échanges ont montré la nécessité de se concentrer sur la possibilité de répliquer une intervention sur un plus vaste territoire, d’utiliser une plateforme de discussion élargie, de convaincre le département financier, d’identifier les principales lacunes ou encore, d’élaborer une autre stratégie pour remédier aux échecs. Au terme des discussions en petits groupes, les participants se sont à nouveau réunis en plénière pour un examen final des études de cas. Des cas-témoins ont ensuite été analysés en petits groupes avant d’être réexaminés et modifiés afin d’améliorer leur potentiel de transférabilité.

Ce que j’ai le plus aimé…
Les participants ont indiqué qu’au départ, ce qui les intéressait surtout, c’était de terminer leur travail, plutôt que de profiter des enseignements des autres participants et de partager les leurs. Le processus ExCap les a fait changer d’avis. Pour cet exercice, de nombreux participants ont dû retourner sur le terrain et y recueillir davantage d’informations auprès de tous les acteurs, afin de se faire une idée plus précise. Ils sont donc revenus non seulement vers les membres de leur communauté, mais aussi vers leurs collègues, pour faire le plein de nouvelles idées. Une remarque est revenue de manière récurrente : le fait que les gouvernements et les donateurs recherchent des changements documentés. Un processus de capitalisation d’expériences peut aider à ne pas perdre de vue cet aspect. Certains ont indiqué qu’alors que la plupart des études de cas se concentraient au départ sur les succès, elles sont à présent plus complètes et sont ainsi plus riches en enseignements. Pour certains participants, les ateliers ont aussi été l’occasion d’en savoir plus sur le travail et les activités réalisés dans d’autres régions. Un petit nombre de participants ont estimé que la rédaction laissait à désirer, et ce pour plusieurs raisons, notamment le manque de temps. La présence d’un facilitateur les a cependant aidés à poursuivre leurs efforts et à continuer la phase de rédaction. Beaucoup ont estimé que cette phase a été un exercice de renforcement de pouvoir. Ils ont appris à écrire en cristallisant leurs pensées et donc à mieux analyser le cas. D’autres ont indiqué que le premier atelier les avait aidés à produire des résultats concrets, par exemple des magazines d’entreprise trimestriels et mensuels, alors que jusqu’ici, ils n’avaient que des idées. L’atelier leur a également appris à rédiger des textes simples à l’aide des outils enseignés. L’exercice ExCap les a donc aidés non seulement à écrire des textes avec une conclusion – ce qu’ils faisaient habituellement avant cela –, mais aussi de « capturer » les expériences d’une nouvelle façon, de manière plus complète et plus percutante et étayée.

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