…

Initiatives 4P en Afrique de l’est

La division Afrique australe et de l’Est du FIDA souhaitait décrire et analyser les activités et les résultats des 4P (partenariats public, privé et producteur) dans les projets de développement de la chaîne de valeur dans la région.

Le CTA avait été invité à soumettre une proposition et à préparer un processus de formation avec des représentants de ces projets qui sont mis en œuvre en Tanzanie, au Rwanda et en Ouganda. L’objectif était de développer les compétences dont ont besoin les institutions parties prenantes pour lancer et mener à bien un processus de capitalisation. Le projet a ainsi proposé d’organiser un atelier dans le cadre d’un processus plus long, et de soutenir les différents projets dans leurs efforts de description et d’analyse de leur travail, des résultats, des produits et de l’impact et d’apprentissage des principaux enseignements.

Les deux ateliers ont suivi la méthode et l’approche déjà testée ailleurs

L’atelier a été organisé à Kigali, du 13 au 16 décembre et a réuni des participants de Tanzanie, d’Ouganda et du Rwanda. Le second s’est tenu à Arusha, en présence de représentants de l’EAFF. Les deux ateliers ont suivi la méthode et l’approche déjà testée ailleurs, avec toutefois un plus grand nombre de participants. Ici aussi, une approche « d’apprentissage par la pratique » a été suivie : les participants ont été invités à démarrer un processus de capitalisation d’expériences, et à ne pas se contenter d’examiner les concepts, les principes et la méthodologie à suivre.

Les sessions organisées au cours de la première réunion ont été axées sur les concepts, principes et conditions de base et sur la méthode générale à suivre, et ce sur base des informations du « module d’apprentissage » de la FAO. Nous avons examiné la nécessité de bien planifier l’ensemble du processus (objectifs clairs et identification des participants en veillant à ce qu’ils participent à l’ensemble du processus) et réfléchi à la logistique nécessaire (un lieu, des moyens de transport, des logements, etc.). Les participants ont été invités à sélectionner l’expérience qu’ils souhaitaient décrire et analyser, en veillant à choisir un cas qui remplirait quelques conditions : il devait s’agir d’un cas qu’ils connaissent très bien et au sujet duquel il existe suffisamment d’informations, qui permet d’échanger des enseignements et qu’ils jugent particulièrement intéressant, et pour lequel « il existe une demande ». La prochaine étape a été de décrire chaque cas, et ensuite de l’analyser de manière approfondie.

À l’aide d’une série de tableaux, les participants ont pu recueillir des informations et les agencer – et les utiliser ensuite pour préparer un premier jet. Ces informations ont toutes été communiquées au CTA, pour servir de base à la rédaction d’un article futur. Une fois ces premiers documents prêts, le processus s’est poursuivi dans le cadre d’une seconde réunion au cours de laquelle nous avons discuté de l’importance d’avoir plus d’impact et de diffuser les résultats d’un exercice de capitalisation auprès d’un plus large public, ce qui nécessite la préparation d’une stratégie de communication. Cela suppose de commencer par identifier le groupe cible, de faire une distinction entre les différents groupes susceptibles d’être atteints et de se concentrer sur leurs caractéristiques spécifiques (en particulier leurs connaissances, attitudes et pratiques).
L’étape suivante est d’examiner les produits possibles, en sachant que les produits écrits ne sont pas la seule option, et d’examiner ensuite les canaux susceptibles d’être utilisés. Comme nous l’avons expliqué, tout dépend de la taille du public visé et de la possibilité ou non d’interagir avec lui. La session s’est clôturée sur un débat sur la nécessité d’obtenir un feed-back pour nous assurer que la stratégie de communication est bien sur les rails.

La plupart des participants ont commencé à recueillir des informations pendant le premier atelier et la plupart avaient préparé un premier document provisoire avant de venir à Arusha. Sur la base des progrès réalisés, nous avons examiné les principaux aspects auxquels il faut être attentif lors de la rédaction. Nous avons commencé par leur rappeler quelques principes (par ex. les textes doivent être lisibles, concis, attrayants et rigoureux) et avons ensuite examiné la meilleure façon de procéder. Les participants ont fait part des difficultés qu’ils avaient rencontrées et nous avons de notre côté insisté sur la nécessité (i) d’inclure des dates pour toutes les activités et des chiffres (données) attestant de résultats, (ii) d’ajouter des citations pour montrer l’opinion des personnes concernées, (iii) d’ajouter une petite étude de cas sur base ce qu’illustre une photo, et (iv) de montrer le caractère unique de l’expérience tout au long du texte. Les participants ont ensuite eu du temps pour terminer leurs textes et ont reçu des conseils individuels.

Objectif : adoption

L’étape suivante a été d’insister sur l’importance d’encourager l’utilisation des résultats du processus. Les participants ont admis qu’un processus de capitalisation des expériences n’a pas pour objectif d’identifier de bonnes pratiques ni de simplement publier un document. Une fois que les principaux enseignements ont été partagés, l’objectif est de faire en sorte qu’ils soient utilisés, et qu’ils aient ainsi un plus grand impact. Nous avons évoqué la question de l’adoption et de l’adaptation, sachant que c’est un processus qui n’est pas automatique et qui ne se fait pas du jour au lendemain. Nous nous sommes penchés sur les innovations proprement dites, les conditions qu’elles doivent remplir pour être adoptées (compatibilité, acceptabilité sociale par exemple) ainsi que sur les facteurs internes et externes en jeu. Nous avons ensuite discuté de pistes pour la préparation de la diffusion, en examinant les principaux « moteurs » et « espaces ». Ce sont là en effet des idées à prendre en compte au moment de préparer un plan d’action.

Nous avons ensuite discuté de la nécessité d’institutionnaliser l’approche, qui est l’objectif premier du projet. Il y a eu ensuite un débat sur l’adoption et la diffusion, mais l’accent a été mis sur l’adoption du processus de capitalisation d’expériences en tant que tel (et pas uniquement sur l’adoption des enseignements) ainsi que sur la nécessité de mettre en place les conditions nécessaires pour que ce processus « soit davantage qu’un effort ponctuel ». Nous avons ensuite évoqué les conditions générales nécessaires au lancement d’un tel processus (ressources, participants, attitude critique) et discuté de la « ligne d’arrivée » : Que se passe-t-il lorsqu’une approche est institutionnalisée ? Les participants ont examiné la nécessité de disposer de procédures et de méthodes, l’importance de définir clairement les rôles et les responsabilités ou de se doter d’un plan de formation. Ils ont aussi réfléchi à la nécessité de démontrer les résultats. Nous avons ensuite discuté des principales conditions à mettre en place comme un soutien réel, des compétences, des informations spécifiques. Ces idées et pistes ont été utilisées par les participants pour terminer leurs plans d’action.

 

© 2018, CTA. Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation

CTA is a joint institution operating under the framework of the Cotonou Agreement between the ACP Group of States (Africa, the Caribbean and the Pacific) and the EU Member States (European Union). CTA is funded by the European Union.